L’économie du partage : une révolution en marche !

de | 16 juin 2015

Le nouveau consommateur et l’économie du partage, ça vous parle ? Des start-up innovantes dans le secteur, vous en connaissez ?

Si vous n’avez pas répondu « oui » à ces deux questions, Labor Action vous explique tout dans cet article ! Le 26 mai dernier, avait lieu chez BETC, la présentation de la toute dernière étude à ce sujet, et nous y étions. Réalisée dans 30 pays, avec 10 000 interviews, cette étude porte sur une alternative économique du modèle actuel.

 

Le monde et l’économie sont en plein changement ; suite à la crise et aux années de récession qui ont suivi, un désir de transformation se fait ressentir : les élites ne sont plus capables d’opérer le changement attendu. 56% des sondés pensent que le modèle économique actuel ne marche pas. 80% déclarent que le changement est positif.

 

La consommation est au cœur du débat : nous consommons trop, nous possédons plus que nos parents ou arrière grands-parents. Si 77% s’accordent à dire que trop consommer met la planète en danger, 64% pensent au contraire que c’est un acte patriotique (si l’on consomme moins, on détruit des emplois et on ne soutient pas l’économie nationale).  Alors quelle est la bonne solution ?

Pour certains, le partage est la réponse à cette problématique. 86%  des sondés affirment que le vrai progrès n’est pas de consommer moins, mais mieux ! Certaines entreprises l’ont déjà bien compris : Vélib’, Netflix, Swapstyle, Airb&b etc. Mais où sont les Géants de l’économie traditionnelle comme Renault, Accor…

 

Un des piliers de cette nouvelle économie est une accessibilité valorisante : c’est-à-dire un accès plus simple au produit (ex : prix), mais avec une qualité au rendez-vous et sans baisse de valeur. Le partage est également une valeur centrale : 55% préfèrent partager plutôt que posséder. La circulation du produit est importante : si on fait circuler un produit, on peut acheter autre chose. Les entreprises devraient par exemple aider les consommateurs à revendre leurs biens (72%) car un produit a plusieurs vies. Il faut penser jusqu’au bout (recyclage, désassemblage, etc.). Le partage permet également d’initier des rencontres et de faire renaître une confiance oubliée entre les individus. Ils se sentent ainsi valorisés puisqu’ils deviennent de véritables acteurs du changement. La chaîne de valeur est donc modifiée et repensée : le client en fait partie intégrante.

 

Pour autant, cette alternative est déjà critiquée : certains poussent le modèle à son paroxysme en expliquant que derrière cette image parfaite de la collectivité, certains profitent plus que d’autres. Par exemple, des propriétaires de biens immobiliers ne font que du business via Airbnb ; ce n’est donc plus un partage et une rencontre entre des individus, mais bien du commerce.

 

Si tout le monde ne s’accorde pas sur l’économie du partage, nous avons rencontré les fondateurs de start-up innovante dont le business model intègre la notion de partage :

 
  • Marcien Amougui, co-fondateur de Leboncolocataire.com propose à des particuliers de se rencontrer avant de se mettre en colocation ensemble. Le but est d’économiser et de faire confiance à l’autre.
  • Benjamin Pozzi, co-fondateur de Parkadom optimise les places de parking vacantes. Une rencontre et un lien de confiance sont ainsi créés lorsqu’un particulier propose à la location sa place de parking privée à un autre particulier.
  • François de Landes, co-fondateur de Mister bnb, propose le même service que Airbnb mais à la communauté « gay friendly ». Sécurité, confiance et respect sont essentiels dans l’échange et le partage.
  • Marc-Arthur Gauthey, connector chez le think tank Ouishare, est intervenu pour donner sa vision de l’économie du partage. Pour lui, toutes les start-up n’ont pas tenu leurs promesses de partage de valeur en citant Uber notamment. Et il donne comme contre-exemple « La ruche qui dit oui » qui s’est donnée une  mission sociale inscrite dans les statuts de l’entreprise. Pour lui, il faut donc distinguer les vraies initiatives de partage de celles qui y ressemblent.
   

Véritable révolution en marche ou mode bobo passagère ? En plein développement aujourd’hui, l’économie du partage a ses adeptes partout dans le monde. Certains d’entre nous, en ont déjà adopté les gestes et les codes sans même le savoir : vendre son vélo ou son canapé sur Leboncoin.fr, commander un Uber quand il n’y a plus de taxis libres, etc. Pourtant, cette alternative de fonctionnement reste, pour le moment minime, face à notre économie de marché classique. Parmi tous ces sondés qui se sont dit prêt à changer, combien le feraient s’ils en avaient l’opportunité tout de suite ? Et vous, seriez-vous prêt à passer le cap ? Comment cette transition sera-t-elle opérée dans la restauration ? Affaire à suivre…